Il faut rendre visible le bien

Je remarque que nous avons tendance (moi y compris) à passer notre temps à dénigrer ce qui ne nous plaît pas ou ce qui ne correspond pas à nos valeurs. Certes, critiquer, par exemple, une idéologie que nous considérons profondément injuste et dangereuse n’est pas particulièrement inutile. Mais est-ce que être dans un état négatif et critique est-ce une bonne chose ? Nous n’aimons pas la personne P et nous détestons ses idées. Nous passons notre temps à suivre ce qu’elle fait pour pouvoir ensuite la critiquer et dénoncer son comportement. Ce que nous voulons, au fond, c’est que des idées et des comportements comme les siens n’existent pas et ne se propagent pas. Et nous espérons, par nos critiques incessantes, faire bloc et diminuer l’influence et la légitimité de cette personne. Mais à partir de quand une personne a-t-elle de l’influence et de la légitimité ? Est-ce quand elle est connue ou bien quand elle est reconnue ? Nous sommes dans un monde où ce n’est pas la valeur des idées d’une personne qui nous fait la suivre mais bien sa célébrité. Cette célébrité, cette présence médiatique constante, lui donne de l’influence et de la légitimité. En effet, si les idées de cette personne ne valaient rien, pourquoi serait-elle si connue et pourquoi tout le monde s’opposerait-il à elle ? Ainsi, dans l’esprit des Hommes, s’opposer fortement à quelqu’un c’est déjà lui reconnaître une certaine légitimité. Un scientifique sérieux discuterait-il d’égal à égal avec un créationniste ? Ne serait-ce reconnaître par là même que le créationnisme a une certaine légitimité scientifique alors qu’il n’a qu’une légitimité religieuse ? Critiquer c’est légitimer et par notre désir de voir disparaître certaines idées on ne réussit souvent qu’à les rendre visibles. Car, finalement, que veulent ceux qui portent une idée ? Qu’elle soit diffusée le plus possible (et le fait de la critiquer, permet, malgré tout, de la diffuser et de lui reconnaître une certaine valeur, même négative). Nous faisons exactement comme quelqu’un qui, pour éteindre un feu lui jette dessus ce qui lui permet de se propager, du bois, au lieu de lui jeter dessus ce qui ne le nourrit pas, l’eau par exemple. Pour éteindre un feu, il faut apporter le « contraire » du feu et pour faire disparaître une idée, il faut propager son contraire. Au lieu de nous concentrer à critiquer les idées que nous n’aimons pas (et les rendre ainsi visibles… « ce que l’on réprime s’imprime) nous devrions plutôt (souvent) nous employer à diffuser le contraire de ces idées. Par exemple, la meilleure façon de combattre le mensonge n’est pas de critiquer les menteurs, mais de dire la vérité. La meilleure façon de combattre les Ogm n’est pas de maudire Monsanto, mais de faire du bio etc. Au lieu de critiquer le négatif nous devrions plutôt apporter du positif. « Créer le monde que nous voulons est bien plus puissant que de détruire celui dont nous ne voulons plus. » Marianne Williamson. Pourquoi cela ? Critiquer les gens et les idées leur donne de la légitimité, les rend visibles et les met en valeur. Pendant ce temps-là, les autres gens et les autres idées qui, eux, méritent vraiment d’être connus, ne sont pas rendus visibles. Pour faire pousser une plante il ne faut pas trop passer son temps à critiquer la sécheresse mais il faut plutôt lui apporter de l’eau. Il y a des gens, beaucoup de gens, énormément de gens, dans ce monde qui vont presque jusqu’au sacrifice de leur vie pour aider les autres et pour améliorer le monde. Il y a de belles idées sur cette Terre, il y a de belles actions. Mais tout cela est fait dans la discrétion car les gens de bien sont souvent modestes et n’aiment pas tirer gloire de leurs actions. Ce faisant, ils sont un peu invisibles. D’autant plus que nous, au lieu de mettre les projecteurs sur ces gens et leurs idées, on les met sur des gens qui ne méritent pas d’être connus. On perd ainsi sur deux plans : on renforce, je l’ai dit, ceux qu’on critique et, en même temps, on ignore et délaisse ceux qui luttent pour la justice. On rend visible l’injustice et invisible la justice. Nous avons tendance, par exemple, à passer plus de temps à gronder l’enfant qui ne se comporte pas « bien » et pendant ce temps-là on délaisse l’enfant qui met son cœur à bien faire. Comme on ne l’encourage ni félicite, il finira peut-être par cesser de le faire, déçu que personne ne le remarque. Il ne faut pas faire le « bien » pour avoir des récompenses, mais il faut encourager les gens qui le font et non pas les ignorer.

Nous avons tendance à remarquer les trains qui n’arrivent pas à l’heure et, par là-même, ignorer tous les autres, bien plus nombreux. A quoi cela sert-il de pester contre les « mauvaises » choses ? Est-ce que ça les rendra « meilleures » ? Est-ce que ça apportera la solution au problème ? Évidemment que non. Au lieu de critiquer l’injustice, soyons justes et elle disparaîtra. « Plutôt que de maudire l’obscurité, allume une bougie » Confucius. Effectivement, quelle meilleure manière de critiquer l’obscurité que d’allumer une bougie ? De plus, ce n’est pas parce qu’on critique l’obscurité que la lumière en surgira. Critiquer le négatif c’est apporter du négatif. Sans oublier que si on passe notre temps à critiquer, on contribue au pessimisme ambiant qui dit qu’il n’y a pas d’espoir et que tout va mal. Il y a beaucoup de belles choses dans ce monde, rendons-les visibles, elles souffrent du fait qu’on en détourne le regard pour nous concentrer sur les mauvaises choses. Je commence, de plus en plus, à comprendre l’importance et la profondeur des deux phrases que j’ai citées. Rendons le bien visible, rendons l’injustice et les mauvaises choses tellement invisibles qu’elles n’aient plus de pouvoir sur nos esprits. Parlons plus souvent des trains qui arrivent à l’heure et des efforts de tant des gens à améliorer le monde. C’est à cela que nous devons donner de la légitimité et pas à son contraire. La justice est légitime, l’injustice est illégitime. Concentrons-nous sur la première et nous ferons diminuer (sinon disparaître) la seconde. Mais, comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de cacher l’injustice mais plutôt de rendre invisibles ceux qui la portent, ces gens et leurs idées ne méritent pas d’être médiatisés et célèbres. Cessons donc de leur permettre d’atteindre la célébrité qu’ils cherchent, ignorons-les et battons-nous pour le contraire de ce qu’ils proposent. On gagnera ainsi sur tous les plans : 1. ils seront déçus de ne pas être reconnus pour leurs idées (et penseront peut-être à changer s’ils veulent être reconnus), ils ne pourront plus s’identifier au personnage qu’ils mettent en scène et l’abandonneront s’ils voient qu’ils s’agitent en vain car personne ne parle s’il n’est pas écouté ; 2. nous permettrons ainsi à ceux qui se battent pour la justice d’être reconnus, soutenus et encouragés, car ils le méritent et cela ne fera qu’augmenter leur envie de continuer leur combat et de s’identifier à quelqu’un de juste (on aime tous cela) ; 3. ceux qui voient que l’on est dans une société qui promeut la justice, auront aussi envie, pour être aimés, de devenir justes (on cherche tous à se faire apprécier pour quelque chose et les adultes sont comme les enfants : le petit cancre se crée son personnage car c’est pour lui une façon d’exister ; si on l’ignore et si on ne lui reconnaît pas la « valeur de cancre » et la légitimité de l’être, si on l’encourage à être autre chose en lui montrant qu’il peut l’être, il y a des chances qu’il change ; si on l’enferme dans la catégorie « cancre » il ne changera peut-être jamais car il a besoin d’une identité et son identité c’est ce que les autres lui reconnaissent, alors s’il n’est plus cancre il a peur de n’être plus rien du tout…) ; ne pas légitimer les personnages aux idées injustes évitera que ces gens s’identifient à leur rôle et continuent à le tenir car c’est là leur identité ; si on ne valorise pas leur personnage, ils l’abandonneront car ce qu’ils veulent par dessus tout c’est de la reconnaissance (fût-elle pour des choses odieuses).

Assez de théorie, j’ai peur de ne pas être assez clair. Pratiquement, comment cela se passe-t-il ? La personne P est supposée raciste et presque tout le monde se ligue contre elle, à diffuser ses faits et gestes et à la critiquer. Les médias l’invitent pour faire de l’audimat sur son dos car cela fait le show. Plus on la dénonce et critique, plus cette personne s’identifie à son racisme supposé et plus elle s’enferme dans son personnage. Et plus elle semble raciste, plus elle est dénoncée etc. Pendant ce temps, la personne P1 qui, elle, travaille tous les jours de sa vie dans une association qui se bat contre le racisme sera complètement invisibilisée car tout le terrain médiatique et intellectuel aura été dominé par la personne P. La personne P1 sent que ses efforts son inutiles et non-reconnus (non pas qu’elle cherche la reconnaissance, mais elle a envie de voir que ce qu’elle fait sert à quelque chose) et perd peut-être espoir et confiance dans son combat et sa réussite. Elle finira peut-être par abandonner même si son combat est juste. Et cela pourquoi ? Parce qu’au lieu de courir lui prêter main forte, nous avons couru après la personne P pour la critiquer.

Je remarque que nous avons, pour beaucoup d’entre-nous, une forte tendance à apporter du négatif et à nous concentrer sur les « mauvais » personnages soi-disant pour les combattre. Nous les renforçons car pour les combattre il ne suffit surtout pas de les critiquer mais plutôt de proposer un autre monde, un monde contraire. Ainsi, que pourrions-nous faire pour ne pas alimenter la négativité ? Nous pourrions, par exemple, cesser de diffuser les messages de ces gens « négatifs », cesser de les critiquer, cesser de s’indigner, et, à l’inverse, proposer systématiquement une idée contraire à la leur et la diffuser. Concrètement : j’entends qu’un député propose une loi pour diminuer les droits des femmes. Au lieu de m’agiter comme un demeuré dans tous les sens et faire mon indigné, je cherche une proposition de loi contraire, je cherche une association qui lutte pour l’égalité, je cherche une personne (député par exemple) qui est pour la parité etc. et je mets leur combat en lumière, y compris, à la limite, sous l’article du député sexiste, y compris sur sa page de réseau social, y compris sur son blog etc. Comme ça, je ne fais pas que le critiquer, mais apporter à tous ceux qui lisent, en même temps que ma critique, d’autres solutions et d’autres visions du monde. Nous avons tous besoin, après avoir trouvé le problème, d’entrevoir la solution. Il faut proposer les solutions et cela systématiquement : ça donne confiance et ça montre qu’il y a des bonnes choses à faire. Traiter ce député de sexiste n’apporte aucune solution au problème du sexisme.

Enfin, je suppose que là je suis un peu plus clair… Apportons des solutions, apportons des belles idées au lieu de nous concentrer à critiquer les mauvaises choses. La critique négative n’apporte pas grand-chose. Il faut, au-delà de cela, rendre visible la solution et rendre visible le « bien ». Car on ne peut suivre un chemin si on ne le voit pas. Il faut connaître le chemin à ne pas suivre, mais cette connaissance, à elle seule, ne nous aidera pas à avancer. Il faut aussi et surtout connaître le chemin à suivre ou du moins connaître un autre chemin, connaître plusieurs chemins pour avoir le choix. Proposons systématiquement d’autres chemins, meilleurs et plus justes que ceux qui nous sont présentés. Ce n’est que comme ça que certains pourront les emprunter. Rendons visibles les « bons » chemins et invisibles les « mauvais » chemins.

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Avec le temps…

Va, tout s’en va. Nous ne sommes qu’un instant dans « l’éternité ». Une poussière d’étoiles, un organisme insignifiant dont rien et personne ne se rappellera dans quelques centaines d’années. Souvent dans encore moins de temps. Et qu’aura été notre petite vie ? Qu’aurons nous laissé ? Du néant. « Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort » disait Cioran. Quoi de plus vrai ? Nous venons du néant, jetés dans l’existence, obligés de la supporter, pour retourner ensuite dans le même néant. C’est peut-être inutile comme question, mais pourquoi ? Pour quoi ? (Je parle ici dans une perspective plutôt agnostique, voire athée). Pourquoi cette absurdité qu’est la vie ? N’est-on pas comme Sisyphe dont parle Camus, qui était condamné à monter sur la montagne une grosse pierre pour la voir à chaque fois retomber ? Et cela à l’infini.

Quoi de plus absurde ? Quoi de plus inutile à l’univers qu’une vie d’homme ? Quoi de plus ridicule que nos quêtes d’argent, de succès voire d’amour ou d’amitié ? Quoi de plus ridicule que nos vêtements, nos voitures, nos bâtiments, nos livres ? On se précipite tous dans le néant et de ce qui aura été plus rien n’aura de sens. C’est là la réalité de l’existence. Créez, tout sera détruit. Espérez, tout s’évanouira. Aimez, tout sera oublié. Vivez, tout sera inanimé. Comment vivre avec cette peur presque quotidienne ? Tout ce qu’on fait n’est-il pas pour se divertir dans le sens pascalien du mot et pour se voiler la face ? Mais la mort et le néant (j’ai peut-être fait un pléonasme) sont là, derrière chacun de nos gestes et plus on essaie de les couvrir, plus ils apparaissent dans toute leur froideur. « Tu es vivant aujourd’hui, tu seras mort demain et encore plus après-demain » chantait Aznavour. Pensez à vous, un petit être sur cette planète dans un univers immense (voire illimité d’après certaines théories…).

D’après la théorie du Big-bang, l’univers  aurait 15 milliards d’années. D’après cette même théorie, il serait en expansion. Finira-t-il par se contracter ? Et si oui, combien de fois ce processus a-t-il eu lieu ? Supposons que l’éternité existe. Ainsi il a pu y avoir une infinité de Big-bang (ou plutôt il y aura une infinité car on ne peut pas parler de l’infini au passé). Vous, moi, faisons partie d’un de ces processus répétitifs. (N’oublions pas que je ne fais que supposer). On a peut-être pu exister une autre fois et on existera encore peut-être. Mais on ne le saura pas. Et si tout, à un grand intervalle de temps, se répétait indéfiniment ? Ne revenons-nous pas au héros de Camus ? Quoi de plus absurde : cette répétition vide de sens ou l’unicité (tout aussi vide) de l’existence ? Ne vous sentez vous pas petit dans tout cela ? Voyez vous un vrai sens à votre existence dont seulement quelques personnes sont au courant ? Quel est le rôle d’une fourmi dans l’univers ? Et d’une feuille d’arbre ? Et d’une fleur ? Et de l’homme ? Aucun précisément.

 

     « Vivons puisque la vie n’a pas de sens ! » disait par ailleurs, Cioran. Oui le néant nous attend, oui la mort nous fait peur, oui la vie est absurde, oui l’existence est contingente, oui l’homme est insignifiant au regard de l’univers. Mais « même si l’univers l’écrasait, l’homme  serait encore plus noble car lui, il sait qu’il meurt. »(Pascal) Est-ce le néant, est-ce la mort, est-ce l’absurdité qui nous empêchent de vivre pleinement ? Non, car, comme disait Epicure, « la mort n’est rien pour nous car, quand nous sommes là, elle n’est pas encore et quand elle est là, nous ne sommes déjà plus ». La mort serait absence de sensation. Logiquement donc nous n’avons pas à la craindre. C’est la pensée de la mort qui nous fait souffrir. Et sachez que s’il existe une façon de mal vivre sa mort, c’est celle-la : mal vivre sa vie. S’il y a une seule victoire que la mort peut avoir sur nous c’est de nous détruire l’existence, en nous guettant à chaque coin de rue, à chaque geste, à chaque projet, à chaque espoir. La mort doit être là seulement pour nous rappeler de ne pas oublier de vivre. « Profitez, soyez heureux tant que vous le pouvez » paraît-elle nous dire. « Tu ne peux pas arrêter ce jour, mais tu peux ne pas le perdre » rappelait une inscription latine. Ne nous faisons pas plus de mal que nécessaire. Le néant n’est pas là. On vit « au milieu de l’extraordinaire ». Rien n’est banal, tout est merveilleux. Et la beauté est surtout dans l’instant. Qui serait heureux de manger 24h sur 24 ? Qui serait heureux de faire l’amour toutes les demi-heures ? Sans dire qu’il n’y a pas de bonheur sans malheur, il faut reconnaître qu’un bonheur trop long et presque inchangé deviendrait banalité. Le divers est vie, l’éternel est néant. La vie est merveilleuse car elle est à chaque fois nouvelle.

Essayons de voir quel miracle nous sommes en train de vivre : il y a quelques dizaines d’années, nous étions néant (représentons ce néant par une ligne droite). D’un coup, nous sommes apparus dans la vie, qui coexiste avec le néant (représentons la vie et l’univers sous une forme ovale, comme le ballon de rugby). Nous sommes maintenant dans cette immensité et au milieu du merveilleux. Nous, qui venons du néant, nous avons de quoi nous émerveiller. Le néant qui nous suit est encore une ligne droite après le « ballon ». Voyez-vous, le temps qui précède notre « entrée » dans l’Univers et surtout celui qui la suit est immense. Mais le temps d’une vie est encore « plus immense », car il est riche, il est nouveau, il est miraculeux. Le sourire pur d’un enfant, un « je t’aime » sincère, un regard, une pensée, une fleur, un rayon de soleil, un bâtiment, une voiture etc. sont le produit d’au moins 15 milliards d’années d’évolution. Ils n’ont donc rien de banal. La vie n’est pas banale, c’est l’homme qui, malheureux, a projeté son pessimisme sur le monde. Je sais, nous avons tous des problèmes, des malheurs, des peurs. Mais ne les laissons pas détruire cette unique (peut-être) chance d’admirer et de vivre. Nous sommes encore dans le « ballon », nous pouvons encore nous émerveiller. Le jour se lève encore…Profitons de l’existence et nous vaincrons le néant. C’est cela le sens de la vie. Il se résume à la vie. Oui nous allons mourir, oui le malheur existe, oui tout disparaîtra. Mais doit-on ne pas profiter des bienfaits du Soleil parce qu’il disparaîtra dans quatre milliards d’années ? Doit-on ne pas manger aujourd’hui parce que nous aurons faim demain ? Doit-on ne pas être heureux aujourd’hui parce que nous serons malheureux demain ? Non, justement ! C’est parce que le Soleil disparaîtra qu’il faut en profiter, c’est parce que demain nous serons affamés qu’il faut manger quand nous en avons l’occasion, c’est parce que demain nous pleurerons qu’il faut sourire aujourd’hui. C’est parce que la vie finira qu’il faut la vivre. Vivons comme si nous devions mourir demain. Mais non pas d’après la devise « après moi le déluge ». Disons « je t’aime » à quelqu’un qui nous est cher, sourions à un(e) inconnu(e), soyons bienveillants, soyons ouverts, émerveillons-nous. La vie est immense, nous n’avons pas le temps de tout découvrir. Et heureusement. Ne mourrons pas avant terme. Tant que la vie existe, tout est possible. Tant que la vie existe, l’espoir ne doit pas mourir. Il n’y a pas de bonheur sans vie, mais seulement des vies sans bonheur. Dostoïevski a dit « si vous voulez être heureux, soyez-le ». Oui, même si tout n’est pas simple. Le bonheur s’invente. Nous sommes vivants, nous pouvons encore l’inventer. Nous n’essayons jamais tout pour être heureux. Ainsi, ne disons pas « le bonheur n’est pas fait pour moi » mais plutôt « je n’ai pas trouvé la bonne méthode » ou « s’il existe pour d’autres, il existe sûrement pour moi aussi ». Nous allons mourir. Aujourd’hui, demain, dans cinquante ans. Mais avant, vivons. Vivons vraiment. Non pas pour économiser de l’argent, non pas pour acheter beaucoup d’objets, mais pour sentir et s’émerveiller. La banalité est dure à vaincre, mais faisons comme l’enfant qui découvre. Il reste énormément de choses à découvrir. Ce miracle dans le néant, la vie, ne doit pas passer « à côté » de nous. La vie est en nous, laissons-la s’épanouir. L’univers est si grand, le néant si petit. Notre destin est celui-ci, notre bonheur celui-là. Néant. Vie… Néant.